Joris Flohic/dev
RéalisationsProjet personnel
Cas d'étude · Outil de gestion

Apprendre la compta pour pouvoir la coder

ContexteProjet personnel
Type de missionOutil de gestion
StatutEn production
Année2026
Problème
Savoir combien je peux dépenser sans me retrouver à découvert quand l'URSSAF et les impôts tomberont, avec un tableur devenu illisible.
Solution
Un outil de facturation et de trésorerie écrit sur mesure, puis réécrit en partie double après une première version difficile à lire.
Résultat
Je sais, à l'euro près, ce que je peux dépenser sans compromettre mes échéances fiscales.
Stack
Next.js 16 (App Router, Server Actions)PostgreSQL via Drizzleshadcn/ui et TailwindBetter Auth
Capture de l'accueil de la V2 de Numra, en thème sombre : trois chiffres en tête (chiffre d'affaires encaissé, trésorerie, disponible), puis la courbe de l'année avec les objectifs, le filet de sécurité et les seuils de TVA.
L'accueil de la V2 de Numra, sur un jeu de données de démonstration. Les montants sont fictifs.

Le contexte

Quand je me suis lancé à mon compte, j'ai fait comme tout le monde, avec un tableur. Ça a tenu quelques mois.

Puis il a fallu croiser les recettes réellement encaissées, les provisions URSSAF, l'impôt sur le revenu à venir et les aides au démarrage. La feuille est devenue illisible.

Le problème

Combien je peux réellement dépenser aujourd'hui sans me retrouver à découvert quand l'URSSAF et les impôts vont tomber ?

Des logiciels de comptabilité, il en existe. Payants, et chacun ne couvrait qu'une partie de ma question. J'ai préféré écrire le mien.

Apprendre un métier qui n'est pas le mien

Je ne suis pas comptable. Ma méthode, chercher dès que je me pose une question. Ce qu'est une écriture comptable, comment un dirigeant de micro-entreprise s'en sert au quotidien, tout est venu de la documentation en ligne, lue jusqu'à ce que ça tienne debout.

Un seul filtre a guidé chaque choix, si je n'arrive pas à utiliser l'outil, il est inutile. Et c'est la remise en question de ce que je pensais avoir compris qui m'a le plus appris.

Le régime micro-BNC a ses propres règles, à modéliser correctement sous peine de produire des chiffres faux, donc pires qu'aucun chiffre.

  • Les recettes se comptabilisent à l'encaissement, pas à la facturation. Une facture émise n'est pas un revenu.
  • Franchise de TVA, avec la mention légale correspondante sur chaque document.
  • Cotisations URSSAF et CFE à provisionner, seuils de chiffre d'affaires à surveiller en continu.
  • Impôt sur le revenu calculé et mis de côté à l'avance, pour ne pas être surpris.
  • Les aides au démarrage, exonération partielle de cotisations, versement en capital par France Travail, qui faussent complètement la lecture d'une première année.
  • L'anticipation des charges personnelles : le professionnel et le personnel ne doivent pas se mélanger, mais doivent rester visibles ensemble. C'est là que se joue la vraie question.

Ce que j'ai construit

  • Un accueil qui répond à la question de départ, avec le chiffre d'affaires encaissé, la trésorerie, le disponible et ce qui reste à gérer dans le mois
  • Un journal unique, où une dépense, une aide ou un apport se saisit en trois gestes
  • Les abonnements et les charges fixes, qui nourrissent la prévision
  • Des scénarios séparés des chiffres réels
  • Une rémunération modifiable, avec un salaire minimum calculé sur mes dépenses personnelles
  • Les déclarations URSSAF et l'impôt sur le revenu, préremplis depuis les documents officiels
  • Les devis, factures et avoirs en PDF
  • Les factures d'achat jointes à chaque dépense et rangées automatiquement
  • Les immobilisations, la clôture d'exercice et l'export FEC

La décision dont je suis fier

Jeter mon propre modèle.

La première version reposait sur une seule table.

Capture du tableau de bord de la première version de Numra : chiffre d'affaires, bénéfice et trésorerie disponible en tête, courbe mensuelle, factures en attente et échéances en dessous.
La première version, avant la réécriture en partie double. Données de démonstration.

Chaque mouvement, réel ou prévu, y portait sa nature, déduite par un classificateur unique. Je le présentais comme la clé de la stabilité. À l'usage, les chiffres devenaient difficiles à lire, parfois faux, souvent en vrac. Le même solde se calculait de quatre façons, et le chiffre d'affaires venait de deux sources.

Plutôt que de rafistoler, j'ai tout réécrit en partie double, le principe de base de la comptabilité. Chaque écriture s'équilibre, et l'outil se range en trois couches. Le grand livre ne contient que des faits, les engagements portent le futur, le pilotage calcule ce que je peux me verser. Toujours sans comptable, avec davantage de documentation.

Rigueur dans le modèle, simplicité dans le geste.

Ce que l'usage a révélé

La rigueur a d'abord révélé un oubli. Depuis un an, je n'ai noté aucun de mes déplacements ni de mes frais, et je n'en ai donc aucun suivi.

Les scénarios, eux, ont changé ma façon d'anticiper. Je regarde déjà ce que je ferai en 2027 et je prépare le terrain, sans toucher aux chiffres réels.

Capture de la page Prévisions de la V2 de Numra : un scénario choisi, la courbe du disponible, de la trésorerie et du chiffre d'affaires avec sa projection jusqu'en décembre, et à droite le détail des dettes à venir.
Un scénario, en lecture seule sur les chiffres réels. Données de démonstration.

Je peux aussi exporter un scénario pour le retravailler avec une IA, puis réimporter sa proposition en brouillon. Elle m'aide à affiner mes hypothèses, rien n'entre dans la comptabilité sans moi.

Ce que j'améliore

La TVA récupérable n'existe encore que dans les scénarios. Les justificatifs sont archivés, mais aucun montant de TVA n'est enregistré sur les dépenses. Et une facture fournisseur pas encore payée n'a plus d'écran dédié.

Je m'impose la rigueur d'un outil d'entreprise, sans la lourdeur des outils professionnels, souvent difficiles à lire et à utiliser. L'outil reste pensé pour une personne seule.

Le résultat

  • Je sais aujourd'hui, à l'euro près, ce que je peux dépenser sans compromettre mes échéances fiscales.
  • La réécriture de septembre le montre, il n'y a pas de version finale et il n'y en aura pas. C'est mon outil, mes besoins changent, ma façon de travailler aussi.
  • Ce qui reste bloqué, la facturation électronique. Il faut passer par une plateforme agréée, et je n'ai pas encore trouvé d'accès API gratuit. En attendant, la réception passe par une plateforme gratuite, et l'émission deviendra obligatoire en septembre 2027.