Le contexte
Quand je me suis lancé à mon compte, j'ai fait comme tout le monde, avec un tableur. Ça a tenu quelques mois.
Puis il a fallu croiser les recettes réellement encaissées, les provisions URSSAF, l'impôt sur le revenu à venir et les aides au démarrage. La feuille est devenue illisible.
Le problème
Combien je peux réellement dépenser aujourd'hui sans me retrouver à découvert quand l'URSSAF et les impôts vont tomber ?
Des logiciels de comptabilité, il en existe. Payants, et chacun ne couvrait qu'une partie de ma question. J'ai préféré écrire le mien.
Apprendre un métier qui n'est pas le mien
Je ne suis pas comptable. Ma méthode, chercher dès que je me pose une question. Ce qu'est une écriture comptable, comment un dirigeant de micro-entreprise s'en sert au quotidien, tout est venu de la documentation en ligne, lue jusqu'à ce que ça tienne debout.
Un seul filtre a guidé chaque choix, si je n'arrive pas à utiliser l'outil, il est inutile. Et c'est la remise en question de ce que je pensais avoir compris qui m'a le plus appris.
Le régime micro-BNC a ses propres règles, à modéliser correctement sous peine de produire des chiffres faux, donc pires qu'aucun chiffre.
- Les recettes se comptabilisent à l'encaissement, pas à la facturation. Une facture émise n'est pas un revenu.
- Franchise de TVA, avec la mention légale correspondante sur chaque document.
- Cotisations URSSAF et CFE à provisionner, seuils de chiffre d'affaires à surveiller en continu.
- Impôt sur le revenu calculé et mis de côté à l'avance, pour ne pas être surpris.
- Les aides au démarrage, exonération partielle de cotisations, versement en capital par France Travail, qui faussent complètement la lecture d'une première année.
- L'anticipation des charges personnelles : le professionnel et le personnel ne doivent pas se mélanger, mais doivent rester visibles ensemble. C'est là que se joue la vraie question.
Ce que j'ai construit
- Un accueil qui répond à la question de départ, avec le chiffre d'affaires encaissé, la trésorerie, le disponible et ce qui reste à gérer dans le mois
- Un journal unique, où une dépense, une aide ou un apport se saisit en trois gestes
- Les abonnements et les charges fixes, qui nourrissent la prévision
- Des scénarios séparés des chiffres réels
- Une rémunération modifiable, avec un salaire minimum calculé sur mes dépenses personnelles
- Les déclarations URSSAF et l'impôt sur le revenu, préremplis depuis les documents officiels
- Les devis, factures et avoirs en PDF
- Les factures d'achat jointes à chaque dépense et rangées automatiquement
- Les immobilisations, la clôture d'exercice et l'export FEC
La décision dont je suis fier
Jeter mon propre modèle.
La première version reposait sur une seule table.

Chaque mouvement, réel ou prévu, y portait sa nature, déduite par un classificateur unique. Je le présentais comme la clé de la stabilité. À l'usage, les chiffres devenaient difficiles à lire, parfois faux, souvent en vrac. Le même solde se calculait de quatre façons, et le chiffre d'affaires venait de deux sources.
Plutôt que de rafistoler, j'ai tout réécrit en partie double, le principe de base de la comptabilité. Chaque écriture s'équilibre, et l'outil se range en trois couches. Le grand livre ne contient que des faits, les engagements portent le futur, le pilotage calcule ce que je peux me verser. Toujours sans comptable, avec davantage de documentation.
Rigueur dans le modèle, simplicité dans le geste.
Ce que l'usage a révélé
La rigueur a d'abord révélé un oubli. Depuis un an, je n'ai noté aucun de mes déplacements ni de mes frais, et je n'en ai donc aucun suivi.
Les scénarios, eux, ont changé ma façon d'anticiper. Je regarde déjà ce que je ferai en 2027 et je prépare le terrain, sans toucher aux chiffres réels.

Je peux aussi exporter un scénario pour le retravailler avec une IA, puis réimporter sa proposition en brouillon. Elle m'aide à affiner mes hypothèses, rien n'entre dans la comptabilité sans moi.
Ce que j'améliore
La TVA récupérable n'existe encore que dans les scénarios. Les justificatifs sont archivés, mais aucun montant de TVA n'est enregistré sur les dépenses. Et une facture fournisseur pas encore payée n'a plus d'écran dédié.
Je m'impose la rigueur d'un outil d'entreprise, sans la lourdeur des outils professionnels, souvent difficiles à lire et à utiliser. L'outil reste pensé pour une personne seule.
